Université Bretagne Loire : le CNRS souhaite se retirer et les établissements rennais relevant du MESRI sont en réflexion

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Par Diane Scherer

Le CNRS souhaite se retirer de l’Université Bretagne Loire dont il était l’un des membres fondateurs. Clarisse David, déléguée régionale du CNRS, explique dans un mail aux directeurs d’UMR que les orientations prises par la Comue « ne vont pas vers le développement d’un projet scientifiquement ambitieux, amené à évoluer vers une grande université de recherche de rayonnement international ». Elle observe que les choix faits par l’UBL « ont concouru à favoriser l’émergence de projets distincts, notamment en réponse à la 2nde vague d’appels à projets idex-isite ». L’annonce de ce retrait, qui n’est pas applicable immédiatement, intervient alors que les établissements rennais relevant du MESRI (Rennes-I, Rennes-II, ENSCR, Insa, ENS, Sciences Po) travaillent à la création d’une Université de Rennes, et envisageraient également de quitter la Comue, d’après les informations recueillies par AEF.

Alain Fuchs, président du CNRS, a informé par courrier, à la fin du mois d’avril, Pascal Olivard, président de l’Université Bretagne Loire, de sa volonté de se retirer de la Comue. La décision reste à formaliser lors du prochain CA du CNRS et via les démarches prévues dans les statuts de l’UBL (1). Dans un mail adressé le 19 mai dernier aux directeurs de laboratoire, Clarisse David, déléguée régionale du CNRS, rappelle que l’organisme de recherche avait « misé sur le fait que cette structure serait en mesure de bâtir puis de développer un projet scientifiquement ambitieux amené à évoluer vers une grande université de recherche de rayonnement international ». « Les orientations prises depuis lors ont été sensiblement différentes, poursuit Clarisse David, et ont concouru à favoriser l’émergence de projets distincts, notamment en réponse à la seconde vague d’appels à projets idex-isite. Dans ces circonstances, le président du CNRS a décidé le retrait de l’organisme de la Comue. »

Pour mémoire, après l’échec du projet d’idex portée par l’Université Bretagne Loire, trois projets d’isite ont été déposés par les sites de Nantes, Brest et Rennes. Seul le projet nantais a été labellisé

Ce retrait de l’UBL ne remet pas en question le soutien du CNRS à la soixantaine d’unités mixtes de recherche et de service implantées en Bretagne et Pays-de-la-Loire : « L’organisme continuera, comme il le fait depuis des années, à œuvrer au développement des recherches conduites sur ce territoire, dans le cadre de ses partenariats avec l’ensemble des établissements cotutelles des unités », précise la déléguée régionale du CNRS.

LES RENNAIS EN RÉFLEXION

La Comue connaît également, en ce moment, d’autres turbulences : le départ possible des établissements rennais relevant du MESRI. Le projet d’isite rennais, non retenu par le jury international, qui a cependant salué sa qualité scientifique, a achoppé sur des problèmes de gouvernance. Dans son avis, le jury a écrit : « Le projet ne présente pas clairement le projet d’université cible, ni ce que seront les relations entre les deux universités et tous les autres partenaires. La façon dont les écoles seront intégrées dans l’université-cible reste incertaine »

Après cet échec, les acteurs rennais de l’ESR, et en premier lieu les établissements relevant du MESRI (Rennes-I et Rennes-II, l’ENS, l’ENSCR, Sciences Po, l’Insa), ont décidé de poursuivre leur réflexion sur la structuration du site. Une structuration qui pourrait passer par la création d’une Université de Rennes et par un départ de la Comue, d’après les informations recueillies par AEF. Des acteurs rennais évoquent « la question de la simplification » comme une « priorité » et insistent sur la nécessité de doter le site, « qui a un potentiel extraordinaire », « d’une véritable gouvernance, qui donne une véritable place aux universités et aux écoles ». Une lettre d’engagement devrait être signée par les CA des six établissements rennais, avant la mi-juillet. Les acteurs de ce dossier, sollicités par AEF, n’ont pas souhaité s’exprimer, les différents partenaires étant encore « en phase de dialogue ».

(1) Les statuts de la Comue prévoient un certain nombre de démarches préalables, et ceux du CNRS également (consultation des instances compétentes notamment). L’article 2.4 des statuts de l’UBL prévoit que « toute décision de retrait d’un membre est communiquée au président de l’UBL avec un préavis minimum de six mois ». Cependant, un membre de l’UBL ayant exprimé un avis défavorable (cf article 8.2) peut demander que son retrait de la Comue soit effectif à la date d’entrée en vigueur des dispositions qui ne recueillent pas son accord.

 

Article original : Section Sgen-CFDT Recherche EPST Nord Est

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