retraite

Protégé : prime et retraite

Posted on Updated on

Cette publication est protégée par un mot de passe. Pour la voir, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Réforme des retraites : le point sur le dossier (Boursorama 22/7/20)

Posted on Updated on

Le Premier ministre Jean Castex a affiché sa détermination à mener à bien cette réforme, déclarant devant le Sénat que « refuser de parler des retraites lorsque l’équilibre des comptes, et donc la sauvegarde du système actuel se trouve compromise, serait irresponsable ».

Interrompue cet hiver par la crise sanitaire, la réforme des retraites revient sur le devant de la scène. Le Premier ministre Jean Castex a affiché sa détermination à mener à bien la réforme. Le point sur les mesures phares de la réforme des retraites et sur les points de contestation.

Boursorama bank : 22/07/2020


Le retour de la réforme des retraites

Interrompue cet hiver par la crise du Covid-19, la réforme des retraites revient sur le devant de la scène. Le Premier ministre Jean Castex a affiché sa détermination à mener à bien cette réforme, déclarant devant le Sénat que « refuser de parler des retraites lorsque l’équilibre des comptes, et donc la sauvegarde du système actuel se trouve compromise, serait irresponsable ».

Les organisations syndicales se montrent peu favorables à une reprise des négociations, estimant que le gouvernement devrait se concentrer sur la relance économique post Covid-19. C’est pourquoi le Premier ministre souhaite découper le sujet en deux parties avec d’un côté le système de retraite universel par points, et de l’autre le financement des retraites. « Nous allons séparer ce qui est le futur régime universel », du « sujet de plus court terme » que représente le financement, « impacté fortement par la crise », a expliqué le Premier ministre.

Les discussions pour la création d’un régime universel ne devraient pas reprendre avant 2021. « La concertation sur les retraites est repoussée, les partenaires sociaux ont jusqu’à la fin de l’année pour discuter des modalités », a déclaré François Asselin, président de la CPME, le 17 juillet à l’issue de la conférence sur le dialogue social.

Si les discussions sur la réforme sont repoussées, le Premier ministre a toutefois insisté pour que les questions du déficit du régime soient traitées dès la rentrée. D’après une estimation provisoire du Conseil d’orientation des retraites, le déficit du système des retraites devrait approcher cette année le niveau record de 30 milliards d’euros, très loin des 4 milliards prévus avant la crise.

Le point sur les mesures phares de la réforme des retraites

  • Un système universel à points

Dans le nouveau système de retraite proposé, le principe du financement par répartition est maintenu : les cotisations des actifs financent les pensions des retraités. En revanche, le dispositif repose sur un système universel à points dans lequel un euro cotisé donne les mêmes droits pour tous. Tout au long de sa carrière, les cotisations versées par le salarié sont converties en points, selon une « valeur d’achat ». Au moment de la retraite, le total des points est multiplié par la « valeur de service » du point. Les valeurs des points varient chaque année afin de garantir l’équilibre du système des retraites.

  • L’âge de départ à la retraite

La réforme ne prévoit pas de modifier l’âge légal de départ à la retraite (62 ans), mais plutôt d’inciter les Français à travailler au-delà de l’âge légal. Un « âge pivot », fixé à 64 ans, serait mis en place, avec un système de bonus-malus. Le salarié serait libre de liquider sa retraite avant 64 ans, mais avec une décote, ou de travailler après 64 ans pour bénéficier d’une pension plus élevée.

  • La fin des régimes spéciaux

La réforme des retraites prévoit la disparition des 42 régimes de retraite actuels, et donc des régimes spéciaux, au profit du système universel par point. Le dispositif pénibilité actuellement en vigueur pour les salariés du secteur privé s’appliquerait à tous, sauf aux militaires et à certains fonctionnaires (policiers, pompiers) qui pourraient continuer à bénéficier d’un départ anticipé à la retraite. Cette mesure a été vivement contestée par les bénéficiaires des régimes spéciaux (cheminots, enseignants, agents hospitaliers …).

  • La retraite des femmes

En 2018, la pension moyenne des femmes est inférieure de 42% à celle des hommes et 38% d’entre elles touchent une pension inférieure à 1 000 euros.

La réforme prévoit la mise en place d’une pension minimale de 1 000 euros nets par mois, mais pour en profiter, il faudra avoir accompli une carrière complète au SMIC. Cette mesure devrait bénéficier en priorité aux femmes.

Avec le nouveau système, chaque enfant donnera droit à une majoration de 5% des points acquis pour la retraite (contre 8 trimestres supplémentaires pour chaque enfant aujourd’hui) qui sera allouée par défaut à la mère mais qui pourra également être répartie entre les deux parents. Au troisième enfant, une majoration de 2% supplémentaire sera appliquée (aujourd’hui, au troisième enfant, la pension de chacun des parents, est majorée de 10%).

Les pensions de réversion sont perçues à 88% par les femmes à la disparition de leur conjoint.
La réforme des retraites prévoit que la pension de réversion ne se calcule plus à partir d’un pourcentage de la pension du conjoint décédé, mais à partir du niveau de vie ménage. Pour garantir le niveau de vie du conjoint survivant, le montant de la pension de réversion pourrait correspondre à 70% du montant total des deux pensions.

Retraites : le gouvernement reporte les concertations (France Info 17/7/20)

Posted on Updated on

Réforme des retraites : le gouvernement reporte « au moins jusqu’à la fin de l’année » les concertations avec les partenaires sociaux

S’il n’a pas confirmé officiellement la date de reprise des discussions, le Premier ministre a indiqué après la réunion que la concertation reprendrait « dans les mois à venir pour en améliorer le contenu et la lisibilité pour nos concitoyens ».

Devant les députés, Jean Castex avait qualifié l’épineuse réforme des retraites de « nécessaire ». Il ne compte toutefois pas aller trop vite. Les concertations autour de la réforme sont repoussées « au moins jusqu’à la fin de l’année », a annoncé vendredi 17 juillet le président de la CPME François Asselin, au sortir d’une réunion entre les partenaires sociaux et le gouvernement à Matignon.

France info : 17/07/2020


« Nous continuons de croire qu’un système universel est plus juste mais la priorité n’est pas celle-ci aujourd’hui », a souligné le secrétaire national de la CFDT Laurent Berger. Le Premier ministre Jean Castex « a dit que c’était repoussé à des discussions plutôt en 2021 », a-t-il confirmé.

Par ailleurs, Jean Castex « nous a rassurés sur le fait qu’il faudrait faire la distinction entre ce qui est du domaine du conjoncturel et ce qui est du structurel » sachant qu’après la crise du coronavirus « les schémas d’équilibre » financier « ne sont plus les mêmes », a précisé François Asselin.

Jean Castex promet une « nouvelle méthode »

S’il n’a pas confirmé officiellement la date de reprise des discussions, le Premier ministre a indiqué après la réunion que « l’instauration d’un nouveau système de retraites universel sera maintenue »« Simplement, nous lui appliquerons une nouvelle méthode en reprenant la concertation dans les mois à venir pour en améliorer le contenu et la lisibilité pour nos concitoyens », a-t-il ajouté.

Berger appelle de nouveau à mettre de côté la réforme des retraites (Le Figaro 17/7/20)

Posted on Updated on

«Si vous voulez faire un automne ponctué de conflits sociaux, vous remettez la question du financement des retraites sur la table», a déclaré le chef de la CFDT ce vendredi.

Le gouvernement serait bien avisé de ne pas mettre de l’huile sur le feu, a averti ce vendredi le patron de la CFDT, Laurent Berger. Sur Europe 1, le chef du premier syndicat de France a rappelé que la priorité devait être «l’emploi, son maintien et son développement». Dans ce contexte, la réforme des retraites ne saurait être menée en parallèle : «Tout le monde sait qu’on ne peut pas le faire en même temps qu’on s’occupe des problématiques d’emploi», a argué le représentant. La CFDT va par ailleurs «présenter des propositions dans les prochains jours» sur les jeunes et voit leur cas comme l’une des priorités de la rentrée, au même titre que «l’emploi et la lutte contre la paupérisation de la société».

Le Figaro : 17/07/2020


Alors que le gouvernement souhaite reprendre les discussions sur ce dossier hautement sensible, huit mois après un long épisode de grèves, en décembre dernier, Laurent Berger met en garde sur les conséquences d’un retour du sujet dans les conversations. «Si vous voulez remettre du conflit, faire un automne ponctué de conflits sociaux, vous remettez la question du financement des retraites sur la table en juillet ou à la rentrée», a-t-il lâché, ajoutant que cela créerait «un climat de défiance», alors que la France a besoin d’un «plan de relance, de confiance». Si son organisation continue de soutenir le principe d’un système universel des retraites, elle estime qu’il n’est pas urgent de réformer : «aujourd’hui, les régimes sont menacés parce qu’il y a eu un élément conjoncturel, le confinement […] Il faut isoler cet élément, il ne faut pas aller vers une réforme paramétrique, un allongement, ce ne serait pas juste dans cette période où les travailleurs ont eux aussi subi le confinement».

Pour le chef de file de la CFDT, il faut donc «repousser cette idée de discussion» de quelques mois : «Il sera bien temps en début d’année 2021. Si on le fait maintenant, je ne donne pas cher de la capacité de relance en France». C’est dit.

Prendre en compte les «contraintes» professionnelles liées au Covid-19

Plus largement, la CFDT, qui participe à la conférence sociale tenue ce vendredi, attend Jean Castex au tournant. Elle espère qu’un «agenda social partagé» émergera de la réunion, tout en mettant en garde contre les «parasitages», ces «sujets de grosse conflictualité» comme les retraites qui pourraient bloquer les discussions avec l’exécutif. «Le premier ministre crée des signes d’ouverture, il n’a pas la même pratique qu’avant […], pas le même style, la même logique» qu’Édouard Philippe, a constaté le chef de l’organisation.

Le syndicat estime toujours que la réforme de l’assurance-chômage est «injuste et inadaptée» et considère qu’il faut «tout décaler ou annuler et repartir pour discuter de ce que doit être l’indemnisation du chômage aujourd’hui», vers un système «plus protecteur pour plus de salariés». Il appelle également à lancer des dialogues et discussions sur les contraintes professionnelles liées aux mesures prises pour lutter contre l’épidémie : «vivre avec le Covid est très lourd de conséquence, ça accentue des pénibilités, des gênes», a argumenté Laurent Berger.

—————————————-

voir aussi : Laurent Berger  « pas de place dans l’agenda 2020 pour les retraites »

Le figaro 16 juillet 2020

Le_Figaro_5_20200715100000

Le_Figaro_5_20200715100000

 

Retraites : Emmanuel Macron appuie sur pause (France Info 15/7/20)

Posted on Updated on

Emmanuel Macron compte mener à son terme la réforme des retraites, avec toutefois une certaine souplesse dans le calendrier.

Retraites, suppression de la taxe d’habitation… Des chantiers majeurs qu’Emmanuel Macron pourrait reporter. La réforme des retraites pourrait être décalée. Elle aura lieu, mais en se laissant plus de temps selon le président de la République. « Nous ne ferons pas l’économie d’une réforme de notre système de retraites, pour qu’il soit viable. Le Premier ministre, son gouvernement et les partenaires sociaux vont définir un calendrier pertinent », a déclaré Emmanuel Macron mardi 14 juillet. Une concession sur le calendrier réclamée par certains syndicats, mais jugée toujours insuffisante par d’autres, qui demandent l’abandon de la réforme.

Pas de retour de l’ISF

Concernant les impôts, aucune hausse n’est à prévoir, ni de retour de l’ISF. Mais les Français les plus aisés devraient attendre pour la suppression de leur taxe d’habitation. Pour les 20% les plus riches, cet impôt devait disparaître d’ici 2023.

Franceinfo : 15/07/2020

Retraites : Emmanuel Macron va devoir dévoiler son jeu pour la fin du quinquennat (Les Echos 13/7/20)

Posted on Updated on

Sauvegarder le système actuel de retraites

Sur le volet social, Emmanuel Macron ne pourra pas échapper à une clarification sur la réforme des retraites , à laquelle il ne veut pas renoncer – volonté réformatrice et situation financière obligent -, au grand dam des organisations syndicales comme patronales. « Le débat de la durée du nombre d’années de cotisation dans la vie continue à se poser », a-t-il déclaré début juillet quand Jean Castex a assuré « acté » le fait de distinguer les « dispositions qu’il y a lieu de prendre pour sauvegarder le système actuel », dont le déficit a plongé avec la crise sanitaire, des « concertations à reprendre sur la réforme de fond ». Au-delà, certains soutiens espèrent aussi des initiatives politiques fortes, comme la proportionnelle intégrale pour les législatives. « Cela fait partie des options sérieuses regardées, mais rien n’est tranché », tempère un ministre.

Les Echos : 13/07/2020

______________________________

Emmanuel Macron va devoir dévoiler son jeu pour la fin du quinquennat

Le président de la République renoue ce mardi, pour la première fois depuis le début de son quinquennat, avec la traditionnelle interview du 14 juillet pour expliquer son « nouveau chemin » jusqu’à la présidentielle de 2022. Face à la plus grave crise économique rencontrée par la France depuis 1929, il doit préciser les priorités des « 600 jours » à venir, en tête desquelles l’emploi des jeunes.

Par Isabelle Ficek Publié le 13 juil. 2020 à 6h00Mis à jour le 13 juil. 2020 à 11h17

Il avait promis de revenir devant les Français pour préciser son « nouveau chemin ». Ce mardi, Emmanuel Macron va se livrer, pour la première fois depuis le début de son quinquennat, à la traditionnelle interview du 14 juillet. Un classique de la vie politique française qu’il avait supprimé, seyant peu à la révolution qu’il voulait incarner. En renouant avec cette tradition, il veut « remettre du sens sur ce nouveau chemin et les cinq piliers de la reconstruction, économique, sociale, environnementale, territoriale et culturelle, dans une période interstitielle entre la fin aiguë de l’épidémie et une rentrée difficile où il faudra être prêt à sauver les entreprises et à sauver les emplois », explique l’Elysée.

Première prise de parole du président de la République depuis la nomination de son Premier ministre Jean Castex et du nouveau gouvernement, ce sera l’occasion d’expliquer le départ d’Edouard Philippe et de défendre cette nouvelle équipe : sa méthode affichée, celle du dialogue social, que l’acte II n’a jamais réussi à incarner et sa feuille de route, plus que jamais axée sur le « concret », alors qu’il reste peu de temps.

Mesures massives pour l’emploi des jeunes

Car avec la crise économique et sociale qui monte, c’est sur les résultats et les mesures concrètes qu’est attendu Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat doit en effet dévoiler les mesures d’aide massives attendues pour l’emploi des jeunes et trancher entre une exonération de charges et une prime à l’embauche – voire un mix des deux -, mais aussi renforcer et élargir la garantie jeunes. Il doit aussi revenir sur les accords de Ségur sur les salaires des soignants, signés ce lundi à Matignon, et le plan de relance européen qu’il va défendre au Conseil européen en fin de semaine.

S’agissant du plan de relance en France, dont l’enveloppe pourrait atteindre 100 milliards, le chef de l’Etat devrait en réexpliquer les lignes de force : avec l’emploi en priorité mais aussi la numérisation, la compétitivité et la décarbonation de l’économie. Mais c’est le Premier ministre, Jean Castex, qui pourrait, lors de sa déclaration de politique générale ce mercredi, en dire davantage. Pour favoriser la réindustrialisation, ce dernier pourrait donner son feu vert à la baisse des impôts de production, et d’abord à celle de la CVAE.

Après la convention citoyenne sur le climat , le chef de l’Etat veut aussi montrer la « mobilisation » de l’exécutif en faveur de la transition écologique, sur laquelle il peine jusqu’ici à convaincre. Emmanuelle Wargon, désormais ministre déléguée au Logement, a évoqué une enveloppe de 4 à 5 milliards d’euros pour le bâtiment et la rénovation thermique. Et au président des Hauts-de-France Xavier Bertrand qui sonne l’urgence de la mise en route du plan de relance dans le « JDD », le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a répliqué sur BFMTV en lui opposant les 430 milliards d’euros de garanties, de mesures d’urgence et de plans de relance sectoriels déjà annoncés.

Sauvegarder le système actuel de retraites

Sur le volet social, Emmanuel Macron ne pourra pas échapper à une clarification sur la réforme des retraites , à laquelle il ne veut pas renoncer – volonté réformatrice et situation financière obligent -, au grand dam des organisations syndicales comme patronales. « Le débat de la durée du nombre d’années de cotisation dans la vie continue à se poser », a-t-il déclaré début juillet quand Jean Castex a assuré « acté » le fait de distinguer les « dispositions qu’il y a lieu de prendre pour sauvegarder le système actuel », dont le déficit a plongé avec la crise sanitaire, des « concertations à reprendre sur la réforme de fond ». Au-delà, certains soutiens espèrent aussi des initiatives politiques fortes, comme la proportionnelle intégrale pour les législatives. « Cela fait partie des options sérieuses regardées, mais rien n’est tranché », tempère un ministre.

Quoiqu’il en coûte

Ses adversaires en vue de l’élection présidentielle sont déjà sortis du bois pour pilonner ce « nouveau chemin », à l’instar de Jean-Luc Mélenchon pour LFI, qui raille, dans le « JDD » un chef de l’Etat « complètement dépassé par la situation ». Xavier Bertrand, lui, en proposant une série de mesures – coûteuses -, dont certaines (les baisses de TVA) ont déjà été écartées par le gouvernement, tente, alors que tout ne sera pas possible, de prendre Emmanuel Macron au piège de son « quoiqu’il en coûte ».

Isabelle Ficek

Retraites : cinq scénarios envisagés par le gouvernement (Ouest France 12/7/20)

Posted on Updated on

Le Parisien a dévoilé dimanche 12 juillet, une note de la direction de la Sécurité sociale, avançant plusieurs pistes pour clore le dossier des retraites, sans renoncer à la réforme par points du système des retraites.

Le Parisien a dévoilé dimanche 12 juillet, une note de la direction de la Sécurité sociale, avançant plusieurs pistes pour clore le dossier des retraites, sans renoncer à la réforme par points du système des retraites.

Cet article présente les cinq « scénarios alternatifs » envisagés…Ces différents scénarios pourraient tendre les discussions sur l’avenir de la réforme des retraites alors que plusieurs syndicats dénoncent déjà un timing mal choisi, qui contraste avec la relance économique entamée pour faire face à la récession engendrée par la crise du coronavirus.

Ouest France : 12/07/2020

____________________________________

Réforme des retraites. Une note secrète révèle cinq scénarios envisagés par le gouvernement

Le Parisien a dévoilé dimanche 12 juillet, une note de la direction de la Sécurité sociale, avançant plusieurs pistes pour clore le dossier des retraites, sans renoncer à la réforme par points du système des retraites.

Depuis le mois de mars, la crise du coronavirus est venue bouleverser l’agenda gouvernemental, mettant de côté les grands chantiers de l’exécutif. La réforme des retraites devrait cependant revenir sur la table décisionnelle dans les prochains mois.

Une note secrète de la direction de la Sécurité sociale, datant de mai dernier, et remise aux ministres en charge du dossier avant le remaniement, imagine les potentielles pistes à suivre pour clore ce texte tant contesté. Intitulée Devenir du projet de réforme des retraites, elle est publiée, dimanche 12 juillet dans le journal Le Parisien , révélant différent scénarios imaginés et décryptés, allant jusqu’à des changements majeurs de la réforme.

« S’il était considéré que le contexte politique né de la crise sanitaire rendait impossible la reprise du projet de réforme systémique tel quel, cette note et les fiches ont pour objet d’expertiser des scénarios de réforme de retraite alternatifs au projet actuel », est-il écrit.

Cinq « scénarios alternatifs » envisagés

Le premier consisterait à appliquer une clause du grand-père intégrale. La réforme des retraites ne concernerait alors que les nouveaux entrants sur le marché du travail, soit le système à point s’appliquerait à la génération née en 2004. Les auteurs de la note estiment que ce scénario serait « relativement lisible car proche du projet actuel, tout en vidant celui-ci d’une partie de sa sensibilité en reportant son application ».

Selon eux, cela résoudrait « nombre de difficultés liées à la transition en matière de conditions d’ouverture et de calcul de droits, en particulier le coût des compensations financières nécessaires à son acceptation ».

Le second scénario correspond à un système des retraites conçu sur deux étages : un régime de base et un régime complémentaire. Dans le premier étage, les règles du calcul sont les mêmes pour tous. Il « pourrait prendre la forme d’un système universel limité à un plafond, ou d’une généralisation des règles du régime général à l’ensemble des régimes de base ».

Le deuxième, servirait au maintien des régimes complémentaires adaptés à chaque type de profession, divisé en trois régimes (privé, public et non salarié) où les spécificités des professions seraient en partie prises en compte. Il répondrait « aux critiques sur l’uniformisation du système de retraite au détriment du risque selon les professions et le profil de carrière », tout en permettant de rouvrir le débat avec les partenaires sociaux, explique Le Parisien. Mais reste difficile à mettre en place.

Dans le troisième scénario, qui s’avère peu probable selon les auteurs, l’État mettrait de côté le projet de réforme initial tout en gardant quelques mesures fortes telles que la disparition des régimes spéciaux.

Le quatrième prévoit quant à lui, la « baisse des coûts de gestion » qui passerait elle-même par une baisse du nombre de caisses sociales et de leurs effectifs.

« Le président de la République a certes annoncé que les retraites seraient à nouveau intégralement indexées sur les prix à compter de 2021, mais le contexte économique a changé », justifient les auteurs de la note.

Dans le cinquième scénario révélé par Le Parisien, sont évoquées des mesures visant à rétablir l’équilibre financier du système de retraites, particulièrement sollicité post-crise du coronavirus.

Pour réaliser ces économies, les auteurs évoquent différentes pistes, telles que le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans, « soit trois mois par génération à partir de la génération de 1962 » selon Le Parisien. Ou encore, un âge minimal à partir duquel un salarié pourrait partir sans décote complétée par une baisse de l’âge du taux plein. Ainsi, il faudrait travailler jusqu’à l’âge de 64 ans minimum pour percevoir sa retraite à temps plein, contre 62 ans aujourd’hui. Cependant, le taux plein sera obligatoirement atteint à 65 ans, au lieu de 67 ans actuellement. D’autres propositions sont également évoquées.

Ces différents scénarios pourraient tendre les discussions sur l’avenir de la réforme des retraites alors que plusieurs syndicats dénoncent déjà un timing mal choisi, qui contraste avec la relance économique entamée pour faire face à la récession engendrée par la crise du coronavirus.

Laurent Berger : « Relancer le débat sur la réforme des retraites : « très dangereux » »

Posted on Updated on

Laurent Berger sur France Info le 10 juillet 2020 :

Reçu comme tous les autres partenaires sociaux jeudi 9 juillet à Matignon pour discuter de la réforme des retraites, le secrétaire général de la CFDT a jugé sur franceinfo « très dangereux » de relancer maintenant cette réforme. « La CFDT continuer de penser qu’un système universel des retraites est plus juste« , a rappelé Laurent Berger, tout en mettant en garde sur le risque qu’il y ait « de la conflictualité avec un blocage ».

Le syndicaliste a pris pour exemple une éventuelle nouvelle mobilisation à la RATP. « Imaginons l’impact sur la relance de l’économie dans l’Ile-de-France », a alerté Laurent Berger. Le patron de la CFDT a rappelé que son syndicat « n’a pas eu de problème à assumer des responsabilités sur l’équilibre des comptes », mais « le faire sur des moments les plus tendus au niveau de l’emploi c’est totalement irresponsable », a jugé Laurent Berger.

Intervention à écouter ici

Retraites : Pour la CFDT, la priorité, « c’est l’emploi » (20 Minutes 9/7/20)

Posted on Updated on

A peine nommé, le Premier ministre Jean Castex avait déclaré vouloir « régler à court terme » le dossier des retraites. A priori, cela se fera sans la CFDT. Son secrétaire général Laurent Berger a repoussé ce jeudi toute reprise immédiate des discussions sur cette réforme explosive, après une heure et quart d’entretien avec le nouveau chef du gouvernement.

« On a clairement dit au Premier ministre que la question des retraites ne devait pas venir polluer la question de la relance », a rapporté Laurent Berger à la presse. « Ce n’est pas le sujet de l’été et de l’automne, a-t-il asséné. La CFDT ne pratique pas la chaise vide, mais si le gouvernement ouvre des concertations sur les retraites cet été ou à l’automne, la CFDT ne s’y investira pas vraiment. »

20 Minutes : 09/07/2020

voir aussi :

CFDT : Rencontre bilatérale avec le Premier ministre du 9 juillet

 

 

Gouvernement : le redressement des comptes passera avant la réforme des retraites (Les Echos 8/7/20)

Posted on Updated on

Jean Castex a précisé ce mercredi l’objet de la concertation tous azimuts qui débute avec les partenaires sociaux. La crise nécessite de s’attaquer en priorité au déficit de l’assurance-vieillesse, séparément de la création du régime universel de retraite, a-t-il déclaré.

« La crise éclaire le nouveau chemin qu’a annoncé le président de la République ». Non sans lyrisme, Jean Castex a précisé ce mercredi devant les députés, lors des questions au gouvernement, comment il comptait conduire les principales réformes à venir, « au premier rang desquelles la réforme des retraites ». Elles seront abordées au regard des dégâts causés par l’effondrement de la croissance, la résurgence du chômage, mais aussi l’explosion des déficits, notamment les 30 milliards du régime général d’assurance-vieillesse.

Les Echos : 08/07/2020