Budget 2020 des universités : un premier pas qui reste insuffisant !

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Communiqué de presse du Sgen-CFDT, 18 novembre 2019 (ici en pdf)

La Fage et le Sgen-CFDT  se félicitent d’avoir été entendus par le gouvernement sur la question de la ponction de 20 millions d’euros effectuée sur le programme 150 au profit de la BPI . Un amendement de deuxième délibération a été voté vendredi soir par les députés. Il permet de revenir sur la ponction comme le demandaient nos deux organisations.

Le 29 octobre dernier nos deux organisations avaient fait part via un communiqué de presse commun de leur surprise et de leur colère après le vote d’un amendement déposé par des députés UDI, Agir et indépendants. Il permettait un transfert de 20 millions d’euros du budget des universités vers la BPI pour soutenir les entreprises innovantes. La Fage et le Sgen-CFDT étaient intervenus auprès de la ministre de l’enseignement supérieur, qui avait émis un avis défavorable sur cet amendement, et auprès des parlementaires. Cette ponction était très mal venue dans un contexte financier déjà extrêmement tendu. L’université doit faire face à un sous financement chronique et dans le même temps à une hausse importante des effectifs. 

Par ailleurs, le drame survenu vendredi dernier à Lyon 2 a provoqué une émotion légitime dans l’ensemble de la communauté universitaire. La ministre s’est engagée à ouvrir dès la semaine prochaine des discussions sur les mesures et dispositifs d’accompagnement des étudiants tant sur le plan économique, que social, psychologique, pédagogique.  L’abandon de la ponction de 20 millions d’euros, s’il constitue un premier pas du gouvernement et des parlementaires, reste très insuffisant. Il doit désormais obligatoirement se poursuivre en particulier en abondant les programmes 231 et 150 pour répondre aux demandes légitimes des étudiants et des personnels à étudier et travailler dans de bonnes conditions.

La Fage et le Sgen-CFDT s’engageront avec détermination dans les discussions à venir avec la ministre Frédérique Vidal  pour améliorer concrètement les conditions de vie, d’études et de travail des étudiants et des personnels.

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PLF 2020 : une stratégie socialement explosive dans les universités

Communiqué de presse du Sgen-CFDT, 29 octobre 2019 (ici en pdf)

Le Sgen-CFDT et La FAGE font part de leur surprise et de leur colère à l’annonce du vote le 28 octobre par une majorité de parlementaires de l’amendement présenté par les députés UDI, Agir et Indépendants. Cet amendement a pour objectif de ponctionner 20 millions d’euros aux universités pour les attribuer à BPIFrance. Ce sont les étudiants des universités qui seront les premières victimes de ce tour de passe-passe budgétaire ainsi que les conditions de travail des personnels. Le Sgen-CFDT et la FAGE demandent au gouvernement de revenir sur cet amendement au risque de provoquer une explosion sociale dans les universités.

Lors du débat parlementaire sur le projet de loi de finance 2020, les députés UDI, Agir et
Indépendants se sont émus, à juste titre, de la baisse des montants alloués à BPIFrance et donc des moyens apportés aux entreprises innovantes. Si cette émotion est largement justifiée, la solution proposée par ces élus n’est pas acceptable.

Pour rappel, la situation dans les universités est déjà plus que délétère : selon une étude réalisée par la Direction des études, de la prospective et de l’évaluation (DEPP) publiée cette semaine, la dépense par étudiants atteint aujourd’hui son plus bas niveau depuis 2008, et le projet de loi finance 2020 ne venait déjà pas renverser la tendance. Ponctionner le budget déjà largement insuffisant des universités de 20 millions d’euros pour les créditer à Bpifrance ne fera qu’accroître les difficultés des universités à accueillir dans de bonnes conditions des étudiants toujours plus nombreux, continuera de dégrader les conditions de travail des personnels, mettra encore plus en péril la mise en place des réformes comme celle sur les études de santé et bloquera encore plus la création de places dans les formations en tensions.
Mais le plus surprenant est le soutien apporté par les députes LREM à cet amendement. En effet, il est en complète contradiction avec la politique affichée par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche qui vise à accompagner tous les étudiants, pour les faire réussir. Car cette décision se traduira bien souvent, dans les universités par l’augmentation du nombre d’étudiants dans les classes de travaux dirigés, de travaux pratiques, par le gel de recrutements, par la suppression de dispositifs d’accompagnement, …etc.

Le Sgen-CFDT et la FAGE attendent une réponse du gouvernement qui viendra marquer la considération qu’il accorde aux universités, aux étudiants de ces établissements et aux personnels qui y travaillent.

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