LPPR : le Sgen-CFDT écrit à la ministre (20 février 2020)

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Madame la ministre,

Le Sgen-CFDT et la CFDT revendiquaient depuis de nombreuses années une loi sur la programmation pluriannuelle pour la recherche. Nos organisations se sont donc pleinement engagées dans les discussions sur le projet de loi car les attentes de l’ensemble de la communauté scientifique sont grandes et il s’agit d’un investissement majeur pour la nation.

Les annonces se font attendre et suscitent des inquiétudes dans la communauté scientifique. Le calendrier annoncé fait état d’une saisine du CESE début avril.
A ce jour, vous nous avez apporté des réponses sur la partie concernant la revalorisation des carrières avec l’annonce d’une enveloppe indemnitaire de 118 millions d’euros supplémentaires dès 2021. Nous avons salué ce premier pas positif ; cependant les éléments techniques de mise en oeuvre nécessitent des précisions.
Vous avez aussi répondu à une partie des inquiétudes des agents sur les évolutions possibles des obligations réglementaires de service et nous vous remercions de nous avoir entendus sur ce point : il n’y aura pas d’augmentation des heures d’enseignement des enseignants et enseignants-chercheurs. Nous en prenons bonne note.
Nos échanges ont aussi porté sur la création de chaires de professeurs juniors et de CDI de mission. Le Sgen-CFDT vous a fait part de son opposition concernant ces deux dispositifs. Ils ne répondent en rien aux problématiques actuelles de la recherche et pourraient au contraire déstabiliser sa structuration.

Pour le Sgen-CFDT, il doit y avoir une loi de programmation qui affiche réellement les ambitions du gouvernement pour la recherche. Le Sgen-CFDT revendique 1,5 milliards d’euros pendant 7 ans. Il doit y avoir une loi de programmation ambitieuse avec une nette augmentation des dotations de base qui seules peuvent permettre aux équipes de recherche de travailler dans des conditions de sérénité et d’efficacité indispensables à une recherche de qualité. Il s’agit là d’un enjeu majeur pour intégrer les jeunes chercheurs, laisser prospérer les projets de recherche innovants et garantir l’indépendance des travaux de recherche. Il doit y avoir une loi de programmation ambitieuse avec une augmentation des recrutements d’emplois pérennes. Au-delà des conséquences, aujourd’hui très bien documentées, du turn-over sur les équipes et sur les productions, la pérennité est l’élément qui rend les emplois scientifiques en France attractifs pour les jeunes chercheurs français mais aussi pour les chercheurs étrangers.

Madame la ministre, la communauté scientifique est épuisée. Elle ne pourra pas continuer encore longtemps, malgré toute sa motivation, son énergie, sa conscience professionnelle, son engagement à défendre le service public de la recherche, à porter seule ce qui fait de la France, encore aujourd’hui, une grande puissance dans le monde. Elle attend de son employeur, l’État, un soutien marqué. Il passe par l’écoute et la prise en compte de ces légitimes revendications.

La CFDT, première organisation syndicale dans l’enseignement supérieur et la recherche tous type d’établissements et personnels confondus, porte à tous les niveaux de l’État les demandes des agents qu’elle représente. Elle assumera toute sa responsabilité et usera de tous les moyens légaux qui sont les siens pour que la voix et les intérêts de la communauté scientifique, et au travers elle ceux du pays, soient pris en compte.

Je vous prie de croire, Madame la ministre, en mon profond attachement au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Franck Loureiro
Secrétaire général adjoint

20-02-2020_Frédérique Vidal

 

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